02 mai 2007

Quelques réflexions autour de "Karol, l'homme qui devint Pape"

 Suite à notre deuxième rencontre "Ciné-débat", très touchante ce soir, sur la vie de Jean-Paul II, je publie comme prévu quelques commentaires personnels, pour alimenter notre réflexion, ainsi que nos commentaires et réactions...
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1. "Nous devons être du côté de ceux qui espèrent !"
Comme la semaine dernière, c'est un film plein d'espérance que nous avons regardé ce soir, et pourtant cette Espérance y a trouvé un visage bien différent de celui incarné par "Narnia".
En effet, "le Monde de Narnia" nous parlait de l'Espérance comme de la "happy end" de l'histoire du salut de l'humanité : Dieu y était présenté comme définitivement victorieux du mal, et la mort disparaissait totalement derrière la nouveauté radicale de la résurrection.
Il n'en va pas ainsi pour Karol Wojtyla qui choisit d'espérer alors que tout autour de lui porte au désespoir, dans une époque où l'humanité se découvre capable du pire dans l'horreur et dans le mal (nazisme, communisme…). Le début du film que nous avons vu ce soir est donc dur et noir, et je crains fort que ces demoiselles ne fussent pas les seules à verser leur petite larme (!) lorsque nous avons vu à l'oeuvre le mystère du mal dans son atroce réalité historique, psychologique et morale. La première partie du film étant comme un inventaire de toutes les raisons qu'il pouvait avoir de désespérer et de laisser tomber Dieu, l'espérance de Karol est la seule alternative qu'il trouve à la tentation lancinante du désespoir. Cette espérance, il faudra donc commencer à la définir avec Bernanos comme "le désespoir surmonté" : car dans les situations extrêmes, il arrive qu'entre le désespoir et l'Espérance, il n'y ait plus qu'un fil = celui de l'abandon à Dieu, au milieu de l'abîme indéniable d'une situation où l'homme se sent condamné…
A l'inverse de "Narnia" qui nous avait fait mesurer la différence radicale entre "l'avant" et "l'après" du salut donné par le Christ, "Karol" nous rappelle de façon dramatiquement réaliste que, même après le Christ, le bien et le mal coexistent, et qu'ils s'affrontent dans notre vie en un duel prodigieux, et que malgré la victoire définitive du Christ, l'homme reste libre, et donc capable du meilleur comme du pire… C'est réaliste, et l'espérance chrétienne n'est pas la mièvrerie béate de celui qui n'aurait jamais vu le mal autour de lui. Non ! L'Espérance est le fruit d'un combat sur soi-même, à contre-courant d'un monde qui ne voit que ténèbres là où le chrétien peut trouver la lumière. C'est si vrai que dans la première partie du film, Karol semble écrasé par le mal, puis dans un second temps, il continue à être affligé par le mal et la souffrance, mais il apprend que l'amour est plus fort que la haine, il apprend à ne plus avoir peur, et il dit à ses étudiants : "ils ne craindront pas vos fusils, mais ils craindront vos paroles !".

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2. Le motif de l'Espérance, c'est l'Amour…
Face à l'atrocité du mal, Annia demande dans les larmes : "Où donc est Dieu ?". Et c'est le tailleur qui donnera la réponse à Karol : là où sont amour et charité, Dieu est présent ! "C'est avec l'amour que nous vaincrons, pas avec des fusils … ! Les nazis disparaîtront, car le mal se dévore lui-même, mais si l'amour est vaincu, alors le mal ressurgira encore sous une autre forme ! Seul l'amour nous empêchera de sombrer dans le néant !"
Si l'homme a été créé pour aimer –et c'est d'ailleurs ce qui le différentie de l'animal– alors il ne peut trouver le bonheur qu'en s'abandonnant à cette tâche dont Sainte Thérèse nous rappelle l'exigence : "Aimer c'est tout donner, et ce donner soi-même". Le sceau du Bien sur l'amour, c'est son désintéressement, à l'inverse de toutes les tentations égoïstes dans lesquelles le mal tente de le dénaturer en injustice et en haine…
Lorsque Karol confie à son évêque son projet secret de rentrer au séminaire, le prélat lui fait cette réponse qui résume à merveille le témoignage chrétien dans la persécution : "Dans les profondeurs du mal, nous devons porter témoignage que le projet divin sur la vie est plus important que la vie elle-même !"

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3. La résistance par le théâtre !
"Parce que la seule façon de préserver l'avenir, c'est de sauver notre passé !", Karol décide de combattre le Nazisme par le théâtre clandestin. C'est d'ailleurs un point commun de toutes les idéologies totalitaires, que d'avoir cherché à nier la culture d'un peuple jusqu'à vouloir l'effacer : les nazis nièrent la culture slave en Pologne, les communistes persécutèrent la croyance religieuse dans toute l'URSS, et la Chine a payé sa "révolution culturelle" par des millions de morts… Karol considère donc le combat de la culture comme une résistance vitale ! Cette fidélité aux racines culturelles n'est pas le culte désuet de ce qui a disparu, mais elle est la condition de toutes les floraisons futures. C'est un enseignement qui est très présent dans de nombreux textes de Jean-Paul II que ce soit en négatif, lorsque le "devoir de mémoire" s'exprimera par la "repentance", ou en positif, lorsque dans "Mémoire et Identité", il montrera que l'Europe se renie elle-même tant qu'elle refuse de reconnaître ses "racines chrétiennes"… Cette résistance culturelle à la déchristianisation fait aussi partie du programme de notre Aumônerie qui a pour objectif de nous rappeler les vérités chrétiennes sur lesquelles le silence de notre société est trop souvent assourdissant !

4. Jean-Paul II, fossoyeur du communisme !
La filature secrète organisée par la section "Eglise et Religions" de Julian Cordeck, aboutit à 2 conclusions en apparence contradictoires : d'une part le professeur Wojtyla ne fait pas de politique, mais d'autre part, il doit être pourtant considéré comme l'adversaire le plus redoutable du système communiste… Pourquoi ? Avant tout parce que Wojtyla apprend à ses étudiants à ne pas avoir peur : "n'ayez pas peur", répétera-t-il d'ailleurs le jour de l'inauguration de son pontificat, "au contraire, ouvrez-tout grand les portes au Christ".
Ce refus de la peur du monde peut s'expliquer de deux manières : d'une part parce que le Christ nous dit que les dangers naturels ne sont rien à côté des périls surnaturels : "Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps" (Mt10,28). Une autre explication, donnée par Benoît XVI, tient dans le constat qu'à la différence des totalitarismes qui prennent tout à l'homme et ne lui laissent plus rien, Dieu est celui qui libère, qui n'enlève rien et qui donne tout (cf. son explication).
En outre son combat est celui de l'amour contre la tentation de la haine, sans oublier la réaffirmation courageuse de la dignité inviolable de la personne humaine et de ses droits fondamentaux comme la liberté religieuse, la propriété privée, la culture, le travail, la famille…

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5. La confiance !
Parfois tout semble perdu, mais si nous mettons notre confiance en Dieu, il nous rend capable de réaliser l'inimaginable… Qu'y a-t-il donc de commun entre la vie que menait Karol, séminariste clandestin et ouvrier de mine, et celle du Pape Jean-Paul II ? … La confiance ! Et en particulier la confiance en Dieu qu'il a inlassablement manifestée par sa prière à Marie, Sa mère et notre mère ! Elle qui a protégé le petit étudiant polonais en sachant qu'elle ferait de lui le Pape de l'an 2000, saura bien veiller sur nous aussi, si du moins nous lui faisons…confiance !

Vous avez vu "Karol" vous aussi et vous voulez partagez vos réactions, réflexions ou souvenirs des passages du film qui vous ont le plus marqué... ? N'hésitez pas à laisser vos commentaires !

Commentaires

Epoustouflant ce film, merci pour ces commentaires qui nous éclairent davantage encore et qui me replongent dans la joie d'être Chrétienne.
Quel Merveilleux et Saint Exemple que Karol nous donne.
Un point important que l'on voit beaucoup dans ce film c'est le pardon que Karol accorde et toute l'affection, la tendresse qu'il donne. C'est extraordinaire

Bonne route à vous tous chers jeunes...Le chemin de Dieu est Beau
en union de prières

Ecrit par : Caroline | 03 mai 2007

Effectivement caroline, un film remarquable, montrant la générosité, le courage, et même l'héroïsme de Jean Paul II, qui, avant d'être évêque de Rome, a été victime de complots visant dirait-on, à le "faire tomber". Il a donc incarné à l'humanité rassemblée la volonté de se battre contre les injustices et de savoir raisonner par la morale et non par la violence... De fait, je conseille à tous ceux qui liront ce message de se rappeler ne fûsse qu'un instant la vie de Jean Paul II et de se plonger dans ce film resplendissant.

Ecrit par : Augustin | 03 mai 2007

A lire absolument cet extrait d'un discours absolument génial de Jean-Paul II aux jeunes lors des JMJ de 2000, désormais disponible sur notre blog :
http://paroissedeprades.hautetfort.com/archive/2001/08/15/sentinelles-du-matin.html

Ceux qui ont des yeux pour voir y découvriront d'ailleurs que votre aumônier est une véritable relique vivante ... !!!

Ecrit par : Webmaster | 03 mai 2007

Effectivement, le film Karol est de grande qualité. J'espère que l'exemple de Jean-Paul II aidera une belle moisson de saints à lever !
Tous mes encouragements pour cette aumônerie naissante. Que Prades déborde du désir de la sainteté avec l'accompagnement de l'abbé Téqui.
Soyez tous assurés de ma prière

Ecrit par : Benoit | 04 mai 2007

Salut, je suis tout à fait d'accord pour dire que ce film est très interessant, voir même passionnant. Dans le sens où Jean Paul II a eut un mal fou pour arriver au vatican et être le pape qu'on a connu. C'est pourquoi l'émotion qui ressort de se film me pousse à conseiller à tout le monde de voir ce film. Voilà!!

Ecrit par : Noémie | 06 mai 2007

C'est vrai que l'histoire est belle... comme sont belles toutes les vies où l'homme accepte de se laisser conduire par Dieu!

J'ai relu hier une anecdote sur la Mère Térésa qui rappelle la confiance de Jean-Paul II au quotidien. On demandait à la Mère : "Comment donc avez vous fait pour crééer à partir de rien une congrégation présente dans 40 pays et portant finalement son aide à près d'un million de personnes ?"
Mère Térésa a répondu : "Compter jusqu'à 1 000 000, cela parait impossible, alors qu'en fait, il suffit seulement de commencer par 1, 2, 3, ...
Et bien j'ai fait de cette manière : je me suis occupé d'un pauvre, puis de 2, puis de 10, puis de 100, et le reste s'est fait tout seul !!!"

Bref dans la vie, ce qui demande le plus de courage, c'est souvent de commencer en se satisfaisant de peu... et la confiance opère le reste ! Les 10 premières bonnes actions coûtent toujours beaucoup plus que les 100 qui suivent ensuite !

Ecrit par : Ab Pierre + | 07 mai 2007

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