29 juin 2007

Grand comme le Saint Pierre de Prades !

93029bf8fc049469569d1f05a6207e53.jpg

         C'est vrai qu'il est grand, notre Saint Pierre de Prades, trônant au milieu des 11 apôtres sur sa cathèdre pontificale, avec sa chape rouge, la croix papale et la tiare qui lui donnent des airs de pape de la Contre-Réforme !

         Et pourtant – et c'est le paradoxe mystérieux de toute vocation à la sainteté – tout dans sa vie nous parle de sa petitesse, et des 6 panneaux sculptés de notre retable qui en racontent les grand épisodes, pas un seul ne nous cache la faiblesse du pauvre homme qui fut choisi pour être le prince des apôtres, premier Pape de l'Eglise, et vicaire du Christ sur la terre…! On ne devient pas saint à la force des poignets, mais on devient saint lorsqu'on comprend que Dieu seul peut produire en nous ce que nous même serions incapable de faire… Et c'est ainsi que Joseph Sunyer nous le montre tour à tour : petit pécheur de Gallilée en train de repriser se filets avec André, son frère ; mais aussi, rattrapé par les doutes, en train de s'enfoncer dans l'eau sur laquelle il s'était d'abord vu marcher comme son Seigneur ; jeté en prison par le roi Hérode ; condamné à mourir crucifié à Rome, dans le Cirque de l'Empereur Néron… "Je me glorifierai de mes faiblesses, afin qu'habite en moi la puissance de Dieu" dit Saint Paul, définissant ainsi le contraste saisissant de l'humilité et de la confiance qu'on appelle communément… "sainteté" !

        Plus la vocation est grande, et plus celui qui reçoit l'appel doit être petit, "conscient de sa faiblesse, et confiant jusqu'à l'audace" précise Thérèse de Lisieux. Un seul épisode résume peut-être tout ceci, et c'est celui qu'on peut admirer en bas à droite de notre rétable : au boiteux lui demandant l'aumône devant la Belle Porte du Temple, Saint Pierre avoue son authentique pauvreté, et manifeste que l'unique richesse des saints, c'est Dieu présent et agissant en eux : "De l'argent et de l'or, je n'en ai pas, mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, marche !" D'un bond, le boiteux fut debout, et le voilà qui marchait, gambadant et louant Dieu dans le temple ! Puissent de nombreux autres chrétiens accepter de tout perdre pour faire de Dieu leur unique richesse, et remettre les hommes debout !

Abbé Pierre Téqui, vicaire

 

Les commentaires sont fermés.