27 juin 2009
Une Année "Sacerdotale"
Le 19 Juin dernier, en la Solennité du Sacré-Coeur, le Pape Benoît XVI a ouvert une "Année Sacerdotale" pour célébrer le 150ème anniversaire de la mort du Saint Curé d'Ars. A cette occasion, le Saint Père a adressé une lettre à tous les Prêtres du Monde pour les inviter à renouveler leur amour pour leur vocation au regard de l'exemple de Saint Jean Marie Vianney. Le Cardinal Claudio Hummes, Préfet de la Congrégation pour le Clergé, a expliqué l'Année Sacerdotale comme une Année "dans laquelle l'Eglise veut dire [...] combien elle est fière de ses Prêtres, combien elle les aime [...] et reconnaît avec gratitude leur travail pastoral et le témoignage de leur vie."
"Cette Année doit aussi être l'occasion d'un approfondissement intense de l'identité Sacerdotale et du sens extraordinaire de la vocation et de la Mission des Prêtres dans l'Eglise et dans la Société." Il devra s'agir enfin d'une "Année de Prières des Prêtres, avec les Prêtres et pour les Prêtres, une année de renouveau de la Spiritualité du Presbyterium et de chaque Prêtre. Dans ce cadre, l'Eucharistie se présente comme le centre de la Spiritualité Sacerdotale. L'Adoration Eucharistique pour la Sanctification des Prêtres et la Maternité Spirituelle de moniales, de femmes consacrées et de laïques envers chacun des Prêtres, pourraient être développées avec des fruits garantis de Sanctification."
"Ce doit être en même temps une Année de Célébrations Religieuses et publiques, qui portent le peuple, les Communautés Catholiques locales, à prier, à méditer, à fêter et à rendre un juste hommage à leurs Prêtres."
La manière dont nous vivons cette Année Sacerdotale dans nos Paroisses du Conflent dépendra des initiatives de chacun. La relecture de la Vie du Curé d'Ars, mais aussi la lecture du Chapitre du Cathéchisme de l'Eglise Catholique sur le Sacerdoce, et surtout les initiatives de prières et de sacrifices de chacun envers la Sanctification des Prêtres et des Vocations Sacerdotales, et particulièrement l'Adoration du Saint-Sacrement... Toutes ces choses seront autant de moyens privilégiés de vivre cette année commu nous y invite l'Eglise.
D'avance, merci à tous et à chacun pour votre générosité à répondre à l'Appel du Saint Père !
Abbé Pierre Téqui, Vicaire
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26 mai 2009
Qu'est ce que la Pentecôte ?

Le Don de l'Esprit Saint
La fête de la Pentecôte célèbre la venue de l'Esprit Saint sur les apôtres le cinquantième jour après Pâques (en grec, pentêkostê signifie "cinquantième"). Avant l'Ascension, le Christ avait annoncé aux apôtres « vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre » (1).
Une dizaine de jours plus tard, les apôtres « se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux. Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint. » (2)
Les apôtres, ayant reçu la force de l'Esprit, eurent alors le courage de sortir de la salle du Cénacle où ils se trouvaient et commencèrent aussitôt à faire connaître l'enseignement reçu du Christ et à baptiser.
Par l'enseignement et la vie de Jésus, ainsi que par la réflexion théologique qui a suivi, les chrétiens ont découvert la réalité mystérieuse d'un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et l'Esprit. C'est ce que l'Église appelle le mystère de la Sainte Trinité.
La Pentecôte célèbre la manifestation de l'Esprit Saint. Elle rappelle à chaque fidèle qu'il a reçu l'Esprit Saint le jour de son baptême, puis le jour de sa confirmation. Elle rappelle aussi que l'Esprit Saint nous est donné chaque jour depuis deux mille ans. C'est dire « la présence pleine et entière de Dieu à notre monde, à notre temps. [...] Le Christ, qui a promis d'être avec nous jusqu'à la fin du monde, est à l'oeuvre, par son Esprit, à la fois dans les surgissements inattendus (comme Taizé, les communautés nouvelles...) et dans des êtres providentiels (comme Jean-Paul II, Madeleine Delbrêl, Charles de Foucauld, Mère Térésa...), mais aussi dans la vie ordinaire de l'Eglise. » (3)
1 Actes des Apôtres, chapitre 1, verset 8.
2 Actes des Apôtres, chapitre 2, versets 1 à 4.
3 Mgr Jacques Blaquart, évêque auxiliaire de Bordeaux, Catholiques en France n° 27, mai 2007.
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15 mai 2009
Pourquoi pas devenir Prêtre ?
En complément de cette petite vidéo, on trouve un bon questions/réponses sur l'identité de la mission du prêtre ici [clic]
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03 avril 2009
Séance exclusive à PERPIGNAN : "L'île" au Cinéma Castillet, mardi 7 avril à 21h !
L'ILE
Un film de Pavel Lounguine
Durée 112 minutes - Sortie le 9 Janvier 2008
Excellentissime commentaire du film par le Père Thierry-Joseph, prieur des Carmes de Montpellier :
Ce film de Pavel Lounguine est une œuvre liturgique ancrée dans l’orthodoxie russe mais il est aussi une illustration de la réponse chrétienne à l’athéisme : la prière. En pleine dictature communiste, des hommes et des femmes viennent voir un homme de Dieu avec leurs questions aux quelles le système ne peut répondre.
LE PROLOGUE DU FILM : L’HOMME PERDU.
Le film commence par une sorte de prologue qui précède le titre. Une ouverture qui nous transporte immédiatement dans le monde de l’hésychasme [repos, quiétude, tranquillité]. Il s’agit d’une tradition de prière chrétienne orientale des moines du mont Sinaï, puis du mont Athos en Grèce et qui se diffusa ensuite dans le monde slave. Inaugurée par Evagre le Pontique (IVème siècle), la littérature de cette tradition tient en quelques volumes seulement qu'on appelle La philocalie (L'amour de la beauté). L'hésychasme est une garde du cœur où la répétition d’un verset de l’Écriture aide à orienter toutes les activités de la vie vers Dieu. Le verset évangélique : « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, prends pitié de nous, pécheur » (cf. Lc 18, 38) est répété tout au long de la journée. Les paroles éveillent à la louange (Seigneur Jésus, fils de Dieu) puis au repentir (prends pitié de nous pécheur). On parle aussi de la prière de Jésus. Il s’agit d’inscrire dans le cœur ce que les mots expriment. Dans le cadre monastique, qui est celui du film, tout excès de sentiment ou de passion doit disparaître pour laisser place à cette « tranquillité » des puissances. On voit le supérieur et frère Job rire et immédiatement se reprendre et se signer la bouche d’une croix.
Ce prologue, ouvre la réflexion fondamentale du film sur le drame de l’homme déchue, coupé de Dieu. La mer, dans la culture biblique est symbole du mal, de la mort. La barque que nous voyons dans cette première scène prend l’eau et le moine Anatoli la vide avec un sceau, symbole de cet homme pécheur qui, par la prière du cœur, reconnaît sa misère et implore la miséricorde divine. Il rame, il va prier sur une île qui est le lieu symbolique de sa recherche de Dieu (le cœur). « Au terme de cette première scène, Anatoli s’écroule sur le sol, les bras en croix, comme écrasé par le poids de sa faute, implorant la miséricorde divine. Tout le film de Lounguine nous décrit le relèvement de cet homme, broyé par son péché ».

1. L’EXISTENCE DE DIEU.
« Le film parle de l’existence de Dieu, dit le réalisateur. Il arrive un moment dans la vie où cela devient une question primordiale (…) avec l’Île, j’ai voulu évoquer la vie des saints » (Pavel Lounguine).
Le contexte politique et historique de la Russie aujourd’hui est essentiel pour comprendre la réflexion du réalisateur. Pavel Lounguine a déjà produit 2 films sur la société russe contemporaine. Dans ce sujet religieux où apparaissent la culpabilité mais surtout la question de l’existence de Dieu, Pavel est marqué par l’histoire de son pays. Le feu, omni présent tout au long du film, permet à l’homme de vivre dans un milieu hostile à la vie. Il symbolise la prière, la recherche de l’âme qui se tourne vers Dieu. Le réalisateur fait de longs plans sur la terre gelée où des femmes piétinent en attendant de rencontrer le moine, « l’homme de Dieu ». La terre recouverte par le gel, c’est le monde sans Dieu. Un monde athée qui devient invivable. La première rencontre d’Anatoli sera avec une femme tentée par l’avortement. Une scène qui rappelle qu’on ne peut nier Dieu sans nier l’homme.
La question de l’existence de Dieu et de l’athéisme, se présente concrètement dans le film avec la première scène. Un flash back nous ramène à la seconde guerre mondiale, 1942 sur les côte nord de la mer de Russie. Deux plans successifs montrent la photo de Staline (dans la cabine d’un bateau soviétique) et le drapeau Nazi. Un drapeau qui cache la lumière de la lune à la manière d’une éclipse. La présence de Dieu n’est pas arrêtée par la folie meurtrière des systèmes athées. L’action du film se déroulera en pleine guerre froide.
Dans cette première scène, qui est une introduction, apparaissent deux personnages : le jeune matelot qui deviendra le moine Anatoli et un officier de l’armée rouge, Tikhon. Le jeune matelot pelte du charbon pour la chaudière du bateau. Soudain, un navire allemand surgit dans la nuit, avec des ombres menaçantes. Le jeune matelot est terrifié, il supplie pour sa vie, alors que l’officier soviétique ne montre aucune crainte de la mort devant l’officier nazi. Nazi et communiste méprisent profondément cet homme qui exprime sa faiblesse. Un face à face entre le surhomme nietzschéen et l’humanité victime de la guerre. La célèbre formule « Périssent les faibles et les ratés ! Et il faut même les y aider ! », tirée de l'Antéchrist, fait écho pour Nietzsche au verset biblique « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux les affligés, car ils seront consolés ! ». Elle vise directement le christianisme qui serait pour l’auteur le responsable de la décadence de l’occident. La parole de l’officier nazi au jeune matelot exprime cela, lorsqu’il le met au défit de tuer son ami en échange de sa propre vie : « Tue-le soi un homme ». Ce jeune matelot deviendra le moine Anatoli.

Tout au long du film, Anatoli découvre que la peur de la mort fait parti de l’humanité. Il va passer de la peur pour sa vie à la crainte de Dieu. La vie de l’homme n’est pas dans la main des hommes, elle appartient à Dieu (cf. la rencontre de la jeune femme qui veut avorter). Il faudra attendre le face à face finale pour voir le visage de Tikhon, « le guerrier », héro de l’armée rouge (cf. dans le train la veste est couverte de médailles), s’ouvrir à une interrogation sur le sens de la vie, sur l’existence du démon et bien sur de Dieu.
L’existence de Dieu et l’expérience spirituelle sont le thème central de ce film. Lounguine raconte comment en cherchant le lieu pour le tournage du film, il est arrivé jusqu’à la Mer Blanche. « Nous avons trouvé l’épave d’une péniche et une chaudière abandonnée sur une petite île. C’était une étrange petite maison en pierre, sans fenêtre, et qui datait probablement de l’époque des goulags ».
Le film est enchâssé dans une grande inclusion pascale. Dans la première scène, un bateau nazi glisse dans la nuit pour donner la mort, son drapeau porte une croix brisée, la croix gammée, et il cache la lumière. La dernière scène, qui répondra à la première, est celle d’une barque qui glisse dans la lumière vers la vie. La croix est dressée dans cette barque qui emporte le corps d’Anatoli vers l’île pour un dernier voyage. Tout le film est un « passage » de la mort vers la vie et des ténèbres vers la lumière (écran blanc à la fin du film).
La réponse du chrétien au surhomme de Nietzsche et aux systèmes athées, c’est la prière. L’homme n’est jamais si grand que lorsqu’il est à genoux devant Dieu !

2. « POURQUOI CAÏN A-T-IL TUE ABEL ? » (CF. GN 4, 8)
Dans un monde qui a voulu vivre sans Dieu, symbolisé par le froid et la neige, l’homme allume un feu : sa prière. Pour Anatoli, la culpabilité est le combustible, mais peu importe. Le film invite à découvrir comment il faut passer de « faire sa prière » à « être prière ». La parole de Dieu ne vise pas à faire de nous des érudits mais des disciples.
Le face à face central du film est celui d’Anatoli avec le père Job. Lors de la première rencontre à laquelle nous assistons, Anatoli – avant de poser la question sur Caïn et Abel – commence par souligner la connaissance qu’a le père Job des Saintes Écritures puis il l’interroge : « Pourquoi Caïn a-t-il tué Abel ? » Le père Job est renvoyé à la façon dont il vit sa prière. Le face à face des deux moines est saisissant. De même que le sacrifice d’Abel fut agréable à Dieu, de même la prière de ce pécheur d’Anatoli est agréée par Dieu – miracles. Le père Job va devoir se convertir, se salir les mains (cf. la scène de la clenche de porte noircie à la suie). « Il se voit d'un oeil trop flatteur pour trouve et haïr sa faute » (Ps 35). Il devra passer de sa vie bien réglée à l’expérience déroutante de sa misère. « Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas, tu n'acceptes pas d'holocauste. Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé » (Psaume 50). On peut voir ici une illustration de ce que sainte Thérèse écrit au sujet du passage aux Quatrième Demeures. « Ils sont trop raisonnables, trop mesuré, il manque la folie de l’amour pour perdre sa vie » (3 D. 2, 7). De nombreuses scènes vont mettre en parallèle les actes de prière d’Anatoli et de Job. On comprend peu à peu que ce n’est pas une question de forme extérieure mais bien de disposition du cœur, de vérité dans le désir d’accomplir la volonté de Dieu.
Mais Anatoli devra lui aussi lâcher prise. Toute sa vie est comme portée par sa culpabilité, il ne lâche pas son péché et pour cela il ne peut mourir. Lorsque Tikon lui révèle qu’il lui a pardonné depuis longtemps, tout semble bouleversé pour Anatoli. Il ne lui reste plus que Dieu miséricordieux qui accueille son cœur brisé et broyé.

3. LES RENCONTRES.
Chaque rencontre avec le père Anatoli mettre en lumière un aspect de ce que la prière réalise dans la vie de l’homme.
La valeur de la vie avec une jeune femme qui voulait avorter. C’est la seule qui est « guérie » immédiatement, signe que la vie est la plus forte. Dans un pays où la moyenne d’avortements par femme est supérieure à 5, cette réflexion n’est pas anodine. De même, les dictatures nazis et communiste ont toute deux légalisées très rapidement l’avortement et l’euthanasie.
Le matérialisme d’une « veuve » qui pleure pour son cochon mais pas pour son défunt mari. Elle se veut une bonne soviétique qui ne peut se rendre en France, un pays capitaliste. Anatoli lui répond : « il y a bien des gens qui vivent là-bas ! »
L’orgueil de la science, avec cette femme qui, après avoir consulté les grands médecins de Moscou vient voir le père en dernier recours. Mais elle vient comme chez le médecin. Une mère qui étouffe son fils par son amour fusionnelle et qui pourtant lui préfère son travail. « La prière n’est pas un jeu », lui dit le moine, avant de lui enlever son fils pour le guérir totalement. À l’enfant, le moine dit : « Prie Dieu… il est bon » et il le fait entrer dans l’église pour communier.
Le supérieur du monastère devra lui aussi découvrir qu’il n’aime pas encore Dieu au point de le préférer à sa propre vie. Anatoli a déjà connu cette peur panique devant la mort physique, mais il sait maintenant que ce n’est pas la pire. Le détachement est à la fois matériel mais aussi spirituel. Anatoli est comme ces prophètes qui sont comme dépassé par la parole qu’ils annoncent.
Enfin, la rencontre finale avec l’exorcisme où la prière de confiance chasse le démon. Le réalisme évangélique de la scène est saisissant. La jeune femme a elle aussi été observée par les meilleurs médecins soviétiques, mais la science ne peut rien. La jeune femme apparaît comme l’ange de lumière dont la beauté est détournée du bien. Le général soviétique refuse l’existence du démon comme refuse l’existence de Dieu mais il doit s’incliner – lui qui n’a peur de rien. On notera la symbolique baptismale et l’image évangélique, la jeune femme est comme morte, le moine la porte près de l’eau et lui lave le visage. L’île est un lieu de combat contre le démon. La jeune femme est libérée, les deux amis se retrouvent et Anatoli peut enfin pénétrer le mystère de la miséricorde – il est déjà pardonné.
Au contacte du père Anatoli les personnes changent découvrant cette action de Dieu dans la prière de cet homme qui ne sent que sa misère : « mes vertus puent devant Dieu ». Il y a ce que nous voyons (nous le voyons saint) et ce qu’il ressent de lui-même (il se sent pécheur). Mais sa faute ne le referme pas sur lui-même, par la prière il s’ouvre sans cesse à la pauvreté des autres, il est accueillant. Ce qui lui est reproché par le père Job (du thé avec du sucre !). « Soyez-en certaines, dit Thérèse d’Avila, autant vous aurez fait de progrès dans l’amour du prochain, autant vous en aurez faits dans l’amour de Dieu » (5 D 3, 8). L’amour du prochain est inséparable de la vraie prière. Anatoli demande plusieurs fois à Job s’il l’aime, car ce sera le signe de la conversion. Cette amour du prochain est symbolisé par la chaudière où vit Anatoli qui chauffe le monastère, comme la prière qui soulève le monde vers Dieu. Si pauvre qu’il est, comme Israël qui était un peuple à la nuque raide, Dieu l’a choisit pour transmettre son enseignement (cf. le dialogue avec le supérieur).

CONCLUSION : DEVENIR PRIERE DANS SA VIE ORDINAIRE.
Extérieurement, l’activité du père Anatoli a peu changée. Du début à la fin, nous le voyons pelleter du charbon devant une chaudière, sur un bateau puis au monastère – c’est sa vie. La transformation est intérieure. Son charbon c’est la culpabilité qu’il éprouve face à l’acte qu’il a posé dans sa jeunesse, un acte qui lui semble impardonnable. Nous le voyons vider, brouette après brouette, une barge échouée du charbon qu’elle contient. Un travail qui symbolise le sentiment d’être pécheur qui brûle son âme et qui est aussi le combustible de sa prière continuelle. Et lorsque le frère Job lui demande comment il pourra vivre sans lui, Anatoli répond : « Vit comme avant… ne commet pas de gros péchés ». Autrement dit, ne change pas la forme de ta vie mais le fond, ne déchire pas tes vêtements mais ton cœur. Anatoli renvoie Job comme Jésus qui renvoie la femme adultère en lui disant, « va et désormais ne pèche plus ». C’est Job qui sonne les cloches pour annoncer le passage vers la vie d’Anatoli qui a revêtu son habit de baptême pour se coucher dans son cercueil. « Reçoit mon âme de pécheur ».
Les mots de la prière sont les mêmes pour tous mais ils doivent s’incarner dans la vie de chacun.
Ce film peut sembler parfois un peu sombre, mais l’ombre révèle la lumière. Le visage d’Anatoli est à la fois douloureux et joyeux comme celui d’un enfant. On est saisi par ce personnage qui incarne la prière, et spécialement la prière des psaumes. Il a fait cette expérience radicale de son incapacité à répondre à l’amour de Dieu, il a assumé sa peur et s’est tourné vers Dieu.
Il arrive un moment où l’on ne prie plus pour faire quelque chose mais parce qu’on ne peut plus faire autrement. Alors, « Dieu seul suffit ».
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11 novembre 2008
Allons-nous ressusciter ?
C’est une affirmation de foi en la parole de Jésus « Celui qui croit en moi, même s’il meure, vivra. Et moi, je le ressusciterai au dernier jour » Jn 6/44 – 11/23-26
Ce ne sera pas une simple réanimation de notre corps. Tout en étant bien le nôtre, il sera différent. Pour répondre aux critiques des sadducéens contre la résurrection, Jésus a dit :"Ceux qui auront été jugés dignes d’avoir part à l’autre monde et à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas. Ils ne peuvent plus mourir car ils sont pareils aux anges" Luc 20/35-36)
Pour répondre aux problèmes que suscite la résurrection, St Paul écrit : "Comment les morts ressuscitent ils ? avec quel corps reviennent ils ? ... Toutes les chairs ne sont pas les mêmes ... On est semé dans la corruption, on ressuscite dans l’incorruptibilité ... on est semé corps psychique, on ressuscite corps spirituel" (1Cor.15/35-44) Un corps spirituel est un corps semblable à celui du Christ ressuscité qui apparaît à ses disciples.
Au centre de la foi chrétienne, il y a la certitude que le Christ a triomphé de la mort par sa résurrection et que nous ressusciterons nous aussi avec un corps transfiguré.
Source : www.liturgiecatholique.fr
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13 octobre 2008
Quel est le sens du signe de croix ?

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29 juin 2007
Grand comme le Saint Pierre de Prades !

C'est vrai qu'il est grand, notre Saint Pierre de Prades, trônant au milieu des 11 apôtres sur sa cathèdre pontificale, avec sa chape rouge, la croix papale et la tiare qui lui donnent des airs de pape de la Contre-Réforme !
Et pourtant – et c'est le paradoxe mystérieux de toute vocation à la sainteté – tout dans sa vie nous parle de sa petitesse, et des 6 panneaux sculptés de notre retable qui en racontent les grand épisodes, pas un seul ne nous cache la faiblesse du pauvre homme qui fut choisi pour être le prince des apôtres, premier Pape de l'Eglise, et vicaire du Christ sur la terre…! On ne devient pas saint à la force des poignets, mais on devient saint lorsqu'on comprend que Dieu seul peut produire en nous ce que nous même serions incapable de faire… Et c'est ainsi que Joseph Sunyer nous le montre tour à tour : petit pécheur de Gallilée en train de repriser se filets avec André, son frère ; mais aussi, rattrapé par les doutes, en train de s'enfoncer dans l'eau sur laquelle il s'était d'abord vu marcher comme son Seigneur ; jeté en prison par le roi Hérode ; condamné à mourir crucifié à Rome, dans le Cirque de l'Empereur Néron… "Je me glorifierai de mes faiblesses, afin qu'habite en moi la puissance de Dieu" dit Saint Paul, définissant ainsi le contraste saisissant de l'humilité et de la confiance qu'on appelle communément… "sainteté" !
Plus la vocation est grande, et plus celui qui reçoit l'appel doit être petit, "conscient de sa faiblesse, et confiant jusqu'à l'audace" précise Thérèse de Lisieux. Un seul épisode résume peut-être tout ceci, et c'est celui qu'on peut admirer en bas à droite de notre rétable : au boiteux lui demandant l'aumône devant la Belle Porte du Temple, Saint Pierre avoue son authentique pauvreté, et manifeste que l'unique richesse des saints, c'est Dieu présent et agissant en eux : "De l'argent et de l'or, je n'en ai pas, mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, marche !" D'un bond, le boiteux fut debout, et le voilà qui marchait, gambadant et louant Dieu dans le temple ! Puissent de nombreux autres chrétiens accepter de tout perdre pour faire de Dieu leur unique richesse, et remettre les hommes debout !
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11 mai 2007
Quelques réflexions sur "La Nativité" …
Suite à la rencontre de l'aumônerie des 15-20 mercredi, j'apporte ici quelques éléments pour stimuler notre réflexion et notre foi ! Je me contenterai souvent d'énumérer les idées sans développer le raisonnement, mais chacun pourra demander des éclaircissements sur tel ou tel point via les commentaires.
1. Evangile et cinéma. Lorsque la Bible est adaptée pour le cinéma, il ne faut jamais perdre de vue qu'il s'agit bien d'une adaptation. Cela signifie d'une part que la vérité tout entière n'est pas forcément restituée intégralement par le film; il faut la chercher d'abord dans le texte qui reste l'unique référence (ici : Luc 1-2,40 ; Matthieu 1-2), même si le film peut s'appuyer sur d'autres sources historiques qui donnent un éclairage intéressant. L'adaptation au cinéma signifie d'autre part qu'il s'agit d'une interprétation particulière, celle du réalisateur, et il s'agit de trouver la valeur de cette interprétation sans s'imaginer qu'elle épuise toutes les dimensions de l'histoire que seul le texte biblique contient. La dernière remarque à faire sur un film d'adaptation de la Bible, c'est qu'au delà de la qualité relative du support cinématographique et du parti-pris du réalisateur, il est toujours occasion pour le chrétien de réfléchir à la vérité historique et théologique qui demeure au delà de la représentation : tout ce qui peut aider notre contemplation du mystère doit donc être gardé, et tout ce qui nous en éloigne doit être abstrait, voir parfois rejeté.
2. Les thèmes théologiques de base, à connaître pour avancer dans le débat : Nous les avons
définis mercredi, mais je reste toujours à votre disposition si ils vous semblent encore obscurs. Je les rappelle ici :
- L'histoire du salut.
- Le péché originel et ses conséquences.
- L'incarnation.
- L'union hypostatique.
- La rédemption.
- L'immaculée Conception.

3. L'originalité de ce film : souligner le réalisme de l'incarnation dans ses deux dimensions. Jésus est en même temps vrai Dieu et vrai homme. De la même façon, Marie est en même temps immaculée conception et pleinement femme ; et la réalisatrice du film a voulu valoriser tout particulièrement ce qui la rend proche et solidaire de nous par la simplicité et la grande humanité de son histoire. Dieu se fait homme et grâce à lui le surnaturel se greffe sur le naturel sans que la grâce enlève jamais la nature. On se bornera ici à énumérer les éléments du film qui mettent en valeur ce réalisme de l'incarnation :
- Le contexte historique est remarquablement bien rendu (l'ambiance de l'occupation romaine, la domination du roi Hérode, l'attente particulièrement vive du messie annoncé).
- Le dilemme entre science et foi dans la quête des Mages.
- Les traits caricaturalement humains et sémites des anges.
- L'histoire des fiançailles de Marie et Joseph,
qui n'est pas un conte de fée ! Marie accepte d'abord par pure obéissance comme c'était la coutume, et leur entente naît ensuite…
- Les soucis de Marie après l'annonciation, qui est troublée par ce qui lui a été dit. "Comment vont-ils me croire ?" se demande-t-elle, ou encore : "comment pourront-ils comprendre ?"
- La visite de Marie à Elisabeth est présentée comme un signe dont Marie avait vraiment besoin pour réaliser qu'elle n'avait pas rêvé et que "rien n'est impossible à Dieu !". En chemin vers Aïn Karim, Marie fait cette prière : "Seigneur, faites qu'Elisabeth porte bien un enfant comme l'ange l'a dit !"
- Le dialogue entre Marie et Elisabeth montre la totale humilité de Marie : "Pourquoi est-ce moi que Dieu a choisi ? Je ne suis rien !"
- Dieu présent en Marie, c'est un enfant qui bouge … !
- Le mépris des habitants de Nazareth au retour de Marie, et le courage de Joseph et Marie qui passent outre en disant : "On va leur manquer !".
- Marie prie Dieu en disant : "Mon enfant", et cela donne une idée de la force de son intercession.
- Les interrogations de Marie et Joseph avant la naissance de Jésus. Marie : "Je me demande comment nous saurons qu'il est plus qu'un simple enfant… Par ses paroles, ou bien par la lumière dans ses yeux… ?" Joseph : "Je me demande si je serai capable de lui enseigner quoi que ce soit !"
- On voit Marie lavant les pieds de Joseph, et Joseph scandalisé par les marchands du temple, ce qui est une façon de suggérer que l'enseignement de Jésus a été influencé aussi par l'éducation humaine qu'il a reçue…
4. La valeur rédemptrice de l'incarnation est soulignée aussi par les éléments suivant :
- Les prophéties de l'Ancien Testament sont bien présentes. Hérode les craint en imaginant un Messie puissant et désireux de s'emparer du pouvoir politique. Mais lorsque Marie et Joseph passent le contrôle de police avant d'entrer à Bethléem, les soldats disent : "ça peut pas être lui"! De même, lorsque la sainte famille entre à Jérusalem, un homme cite le prophète Zacharie (9,9) : "Exulte avec force, fille de Sion! Crie de joie, fille de Jérusalem! Voici que ton roi vient à toi: il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse."
- Juste avant la naissance de Jésus, on voit le roi Hérode offrir un sacrifice expiatoire pour ses péchés dans le temps. Mais le sacrifice d'un bœuf était insuffisant, et pour nous sauver, Dieu va offrir son propre fils…![]()
- la condition des bergers : pauvreté et espérance, correspond tout-à-fait à la réalité historique et montre à qui Dieu a voulu se révéler en premier… Marie dit à l'un d'eux : "Je parlerai de toi à mon enfant…"
- Le massacre des saints innocents est le signe que les hommes restent libres d'accepter ou de refuser le salut, ce qui n'empêche pas Dieu de sauver malgré tout. En hébreux, "Jésus" signifie d'ailleurs "Dieu sauve !".
5. Ce qu'on pourrait éventuellement reprocher au film :
- Les parents de Marie n'apparaissent pas particulièrement sympathiques, alors qu'on peut imaginer que Marie a reçu une partie de sa douceur de l'éducation et de l'exemple de ses parents…
- De façon générale, on peut dire que même si Marie est montrée sans péché, on perçoit mal en elle la trace de son Immaculée Conception (Le débat théologique laisse une question ouverte toutefois : si Marie a été préservée de la faute originelle, est-elle préservée de ses toutes ses conséquences ?…)
- La nonchalance de Marie, masque un peu le courage, la générosité, la piété et la joie qu'on peut lui imaginer…
- Les remarques de Marie à la crèche s'accordent mal avec sa discrétion habituelle : "il est pour l'humanité entière", ou encore "ce don est accordé à chacun de nous"… Tout cela sonne un peu trop américain, non ?…
6. Est-ce que cela vous a plus ???
La réponse... dans les commentaires !
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02 mai 2007
Quelques réflexions autour de "Karol, l'homme qui devint Pape"

1. "Nous devons être du côté de ceux qui espèrent !"
Comme la semaine dernière, c'est un film plein d'espérance que nous avons regardé ce soir, et pourtant cette Espérance y a trouvé un visage bien différent de celui incarné par "Narnia".
En effet, "le Monde de Narnia" nous parlait de l'Espérance comme de la "happy end" de l'histoire du salut de l'humanité : Dieu y était présenté comme définitivement victorieux du mal, et la mort disparaissait totalement derrière la nouveauté radicale de la résurrection.
Il n'en va pas ainsi pour Karol Wojtyla qui choisit d'espérer alors que tout autour de lui porte au désespoir, dans une époque où l'humanité se découvre capable du pire dans l'horreur et dans le mal (nazisme, communisme…). Le début du film que nous avons vu ce soir est donc dur et noir, et je crains fort que ces demoiselles ne fussent pas les seules à verser leur petite larme (!) lorsque nous avons vu à l'oeuvre le mystère du mal dans son atroce réalité historique, psychologique et morale. La première partie du film étant comme un inventaire de toutes les raisons qu'il pouvait avoir de désespérer et de laisser tomber Dieu, l'espérance de Karol est la seule alternative qu'il trouve à la tentation lancinante du désespoir. Cette espérance, il faudra donc commencer à la définir avec Bernanos comme "le désespoir surmonté" : car dans les situations extrêmes, il arrive qu'entre le désespoir et l'Espérance, il n'y ait plus qu'un fil = celui de l'abandon à Dieu, au milieu de l'abîme indéniable d'une situation où l'homme se sent condamné…
A l'inverse de "Narnia" qui nous avait fait mesurer la différence radicale entre "l'avant" et "l'après" du salut donné par le Christ, "Karol" nous rappelle de façon dramatiquement réaliste que, même après le Christ, le bien et le mal coexistent, et qu'ils s'affrontent dans notre vie en un duel prodigieux, et que malgré la victoire définitive du Christ, l'homme reste libre, et donc capable du meilleur comme du pire… C'est réaliste, et l'espérance chrétienne n'est pas la mièvrerie béate de celui qui n'aurait jamais vu le mal autour de lui. Non ! L'Espérance est le fruit d'un combat sur soi-même, à contre-courant d'un monde qui ne voit que ténèbres là où le chrétien peut trouver la lumière. C'est si vrai que dans la première partie du film, Karol semble écrasé par le mal, puis dans un second temps, il continue à être affligé par le mal et la souffrance, mais il apprend que l'amour est plus fort que la haine, il apprend à ne plus avoir peur, et il dit à ses étudiants : "ils ne craindront pas vos fusils, mais ils craindront vos paroles !".

2. Le motif de l'Espérance, c'est l'Amour…
Face à l'atrocité du mal, Annia demande dans les larmes : "Où donc est Dieu ?". Et c'est le tailleur qui donnera la réponse à Karol : là où sont amour et charité, Dieu est présent ! "C'est avec l'amour que nous vaincrons, pas avec des fusils … ! Les nazis disparaîtront, car le mal se dévore lui-même, mais si l'amour est vaincu, alors le mal ressurgira encore sous une autre forme ! Seul l'amour nous empêchera de sombrer dans le néant !"
Si l'homme a été créé pour aimer –et c'est d'ailleurs ce qui le différentie de l'animal– alors il ne peut trouver le bonheur qu'en s'abandonnant à cette tâche dont Sainte Thérèse nous rappelle l'exigence : "Aimer c'est tout donner, et ce donner soi-même". Le sceau du Bien sur l'amour, c'est son désintéressement, à l'inverse de toutes les tentations égoïstes dans lesquelles le mal tente de le dénaturer en injustice et en haine…
Lorsque Karol confie à son évêque son projet secret de rentrer au séminaire, le prélat lui fait cette réponse qui résume à merveille le témoignage chrétien dans la persécution : "Dans les profondeurs du mal, nous devons porter témoignage que le projet divin sur la vie est plus important que la vie elle-même !"

3. La résistance par le théâtre !
"Parce que la seule façon de préserver l'avenir, c'est de sauver notre passé !", Karol décide de combattre le Nazisme par le théâtre clandestin. C'est d'ailleurs un point commun de toutes les idéologies totalitaires, que d'avoir cherché à nier la culture d'un peuple jusqu'à vouloir l'effacer : les nazis nièrent la culture slave en Pologne, les communistes persécutèrent la croyance religieuse dans toute l'URSS, et la Chine a payé sa "révolution culturelle" par des millions de morts… Karol considère donc le combat de la culture comme une résistance vitale ! Cette fidélité aux racines culturelles n'est pas le culte désuet de ce qui a disparu, mais elle est la condition de toutes les floraisons futures. C'est un enseignement qui est très présent dans de nombreux textes de Jean-Paul II que ce soit en négatif, lorsque le "devoir de mémoire" s'exprimera par la "repentance", ou en positif, lorsque dans "Mémoire et Identité", il montrera que l'Europe se renie elle-même tant qu'elle refuse de reconnaître ses "racines chrétiennes"… Cette résistance culturelle à la déchristianisation fait aussi partie du programme de notre Aumônerie qui a pour objectif de nous rappeler les vérités chrétiennes sur lesquelles le silence de notre société est trop souvent assourdissant !
4. Jean-Paul II, fossoyeur du communisme !
La filature secrète organisée par la section "Eglise et Religions" de Julian Cordeck, aboutit à 2 conclusions en apparence contradictoires : d'une part le professeur Wojtyla ne fait pas de politique, mais d'autre part, il doit être pourtant considéré comme l'adversaire le plus redoutable du système communiste… Pourquoi ? Avant tout parce que Wojtyla apprend à ses étudiants à ne pas avoir peur : "n'ayez pas peur", répétera-t-il d'ailleurs le jour de l'inauguration de son pontificat, "au contraire, ouvrez-tout grand les portes au Christ".
Ce refus de la peur du monde peut s'expliquer de deux manières : d'une part parce que le Christ nous dit que les dangers naturels ne sont rien à côté des périls surnaturels : "Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps" (Mt10,28). Une autre explication, donnée par Benoît XVI, tient dans le constat qu'à la différence des totalitarismes qui prennent tout à l'homme et ne lui laissent plus rien, Dieu est celui qui libère, qui n'enlève rien et qui donne tout (cf. son explication).
En outre son combat est celui de l'amour contre la tentation de la haine, sans oublier la réaffirmation courageuse de la dignité inviolable de la personne humaine et de ses droits fondamentaux comme la liberté religieuse, la propriété privée, la culture, le travail, la famille…

5. La confiance !
Parfois tout semble perdu, mais si nous mettons notre confiance en Dieu, il nous rend capable de réaliser l'inimaginable… Qu'y a-t-il donc de commun entre la vie que menait Karol, séminariste clandestin et ouvrier de mine, et celle du Pape Jean-Paul II ? … La confiance ! Et en particulier la confiance en Dieu qu'il a inlassablement manifestée par sa prière à Marie, Sa mère et notre mère ! Elle qui a protégé le petit étudiant polonais en sachant qu'elle ferait de lui le Pape de l'an 2000, saura bien veiller sur nous aussi, si du moins nous lui faisons…confiance !
Vous avez vu "Karol" vous aussi et vous voulez partagez vos réactions, réflexions ou souvenirs des passages du film qui vous ont le plus marqué... ? N'hésitez pas à laisser vos commentaires !
23:55 Publié dans Aumônerie de 15-20 ans, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
25 avril 2007
Quelques notes sur "le Monde de Narnia"
Merci aux 10 lycéens qui ont répondu ce soir à notre invitation, et avec lesquels on a passé une soirée fort sympathique ! C'était un bon début, de bonne augure pour la suite ! N'hésitez pas à relayer l'information à vos amis pour qu'on soit au moins 15 mercredi prochain ! A savoir aussi, que je suis tout disposé à assurer les transports d'aller et de retour de tout ceux qui seraient empêchés par cette question, et qui me le demanderont...
Comme prévu, je publie ici quelques notes rapides sur Narnia et ouvre les commentaires de cette note à toutes vos questions, réactions, suggestions etc...
A très bientôt !
Abbé Pierre +
La situation de départ du film est celle de l'humanité déchue après le péché originel : des enfants séparés de leurs parents par l'injustice du mal (la guerre). Leur condition : vivre malgré la guerre. Leur espoir : être adoptés par un père protecteur. Ce père ne sera pas un père de la terre comme le Professeur Kurk ou Mlle Mac Ready, mais ce sera Aslan qui conduira les enfants à régner sur Narnia.
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Pour mieux comprendre la correspondance entre cette histoire et la révélation biblique, je conseille la lecture de Gn3, 1-19 : le récit du péché originel.
Dès le début, Edmund vit le prototype du drame de l'homme pécheur :
- Il a la nostalgie de son père (et risque sa vie pour récupérer sa photo).
- Il a des difficultés à obéir et à reconnaître l'autorité de son grand frère.
- Il est tenté par l'orgueil et veut faire les choses "tout seul".
Dans la maison du Professeur, les enfants vivent le malaise de l'exil biblique, comme chassés du jardin d'Eden qu'était la maison familiale. C'est l'état de l'homme sous l'Ancien Testament :
- Il faut obéir à une loi sévère : "Ne pas, Ne pas, Ne JAMAIS"
- La tristesse et la peur de la guerre. Il manque un espoir ? A quoi bon vivre… ?
Mais l'armoire magique est le signe que dans la vie malheureuse de l'homme coupé de Dieu, la vie surnaturelle est à portée de main. Elle est tout proche de nous et peut nous être donnée, à condition qu'on décide d'y croire :![]()
- Pour y croire il faut "se faire petit comme un enfant" (=Lucie), et échapper à ce qui pourrait paraître logique.
- La foi nous fait voir avec notre âme ce que notre corps ne voit pas !
- Lucie, grâce à son jeune âge est pendant toute l'aventure, mieux disposée que les autres à croire, à espérer et à aimer…
- A la fin du film : pas besoin de retourner dans l'armoire pour revoir Narnia car c'est dans la vie de tous les jours que tout cela se passe…
La situation à Narnia, c'est la situation de l'homme sous le règne de la condamnation avant le Christ :![]()
- C'est un hiver qui ne finit pas… Et l'hiver, cela signifie que le monde ne fait que survivre sans vivre vraiment !
- Un hiver sans Noël depuis 100 ans : on attend le sauveur, mais il ne vient pas…
- La nostalgie de l'été (= la nostalgie du vrai bonheur qu'est la communion avec Dieu).
- Un hiver qui est le signe de la domination de la sorcière blanche, symbole du Règne de Satan qui est un règne de condamnation…
Ce qui va détourner du mal "Monsieur Tumnus", c'est l'amitié de Lucie, et la volonté de la sauver. (L'amour sauvera le monde !)
La rencontre d'Edmund et de la Sorcière Blanche ("La Princesse"), c'est l'image de la tentation et du péché :
- La Sorcière qui se fait appeler "princesse" nous rappelle Satan, qui est aussi appelé "ange de Lumière" (=Lucifer), ou encore "prince des ténèbres".

- Au début, Edmund est honnête mais la Sorcière le tente en lui faisant croire qu'elle peut exaucer tous ses désirs (Je veux être plus grand ! Je voudrais… être roi de Narnia ?)
- Edmund ne veut pas lui parler de ses frères et sœurs, car il veut profiter de son privilège en égoïste… Edmund ne peut pas que Peter soit roi, mais qu'il soit son sujet !
- La sorcière lui fait miroiter une grâce qu'elle n'a absolument aucune intention de lui donner : être Roi de Narnia ! ("Vous serez comme des dieux", disait le serpent à Adam) En réalité, elle ne lui offre qu'un petit plaisir, en plus de l'illusion d'être roi : des loukoums ! Donc le fait de trahir et livrer ses frères et sœurs ne lui aura apporté que quelques loukoums… et beaucoup de désillusion. De la même façon, Adam et Eve croient tout recevoir de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, mais il perdent tout.
- Edmund décident donc de mentir à ses frères et sœurs en espérant devenir roi de Narnia. Il n'est pas encore conscient que cette attitude le condamne et fait de son sang la propriété de la sorcière blanche…
- Quand il quittera le barrage des Castors pour rejoindre la sorcière, il sera prêt à livrer ses frères et sœurs pour un simple loukoum !
- Après avoir fait prisonnier Edmund, elle suscitera elle même en lui le remord en disant devant lui à Tumnus : "il t'a dénoncé pour des friandise". C'est souvent le même démon qui tente puis fait souffrir et désespérer par le remord…
- On apprendra ensuite que celui qui se livre au mal appartient à la Sorcière et qu'il est voué à la condamnation. "Tous les traîtres m'appartiennent à vie, dira la Sorcière, leur sang est ma propriété !". La loi exige donc la mort du traître, mais Aslan s'y refusera ! (cf. la justice de la loi ancienne, et la miséricorde dans la loi nouvelle).
La révélation d'une espérance à Narnia (chez les Castors) :
- "Aslan est en chemin !" C'est le vrai roi (le lion de Juda), absent depuis trop longtemps, mais qui est de retour pour reprendre son Royaume à la Sorcière blanche.
- La prophétie : "Lorsque les fils d'Adam seront sur le trône de Ker Paravel, alors le temps des malheurs sera révolu à jamais!" Pour cela, 2 fils d'Adam et 2 filles d'Eve doivent vaincre la Sorcière, et Aslan a réuni une armée pour les aider…
- La vocation de l'homme, c'est donc de régner sur Ker Paravel (de même le chrétien est appelé à participer à la nature divine, et cela se réalise par le baptême qui nous donne la dignité de prêtres, de prophètes et de rois !). Lucie y croit tout de suite, mais les autres non !...
- Problème : Edmund se soustrait à ce plan et va se livrer à la sorcière. Et la sorcière les veut tous, pour les tuer. Désormais, seul Aslan peut sauver Edmund qui a trahi. (L'homme se détourne du projet d'amour de Dieu, et pourtant, Dieu ne désespère pas de l'homme et lui donne le salut…)
L'intervention du Père Noël :
- Le retour du Père Noël, c'est l'image d'un espoir qui renaît dans le salut du monde…
- Les cadeaux du Père Noël sont ici des armes et des instruments (des outils, des moyens) pour aider les fils d'Adam à participer au salut du monde (c'est l'image des sacrements, signes et instruments de la grâce de Dieu qui nous sauvent et nous aident à vivre dans l'amitié de Dieu.)
- A Lucie : Essence de la Pierre de Feu, pour guérir toutes les blessures (le sacrement des malades, l'eucharistie, la confirmation) + un petit glaive (le combat spirituel).
- A Suzanne : Un arc et des flèches + 1 corne de brume pour appeler au secours (la prière)
- A Peter : Une épée (la foi), et un bouclier (le salut, la grâce divine).
Qui est Aslan ?
- Le lion (de Juda...). Image de Dieu qui a un projet d'amour sur l'homme et sur le monde.
- "Quand la magie fut créée, j'étais là" : le créateur du monde, avant l'existence du mal...
- Réside dans la tente, qui évoque la tente de la Rencontre de l'Ancien Testament, devant laquelle on s'agenouille…

- Sa royauté n'enlève rien à la royauté qu'il veut donner aux fils d'Adam. Par exemple, il laisse Peter se battre seul contre les loups (avec l'épée qui lui a été donnée), car il veut aider les hommes à être eux-mêmes vainqueurs. De même, Dieu n'agit pas à la place de l'homme mais laisse l'homme libre de choisir et de participer à son propre salut…
- Son attitude par rapport aux fils d'Adam : il veut qu'ils règnent sur Ker Paravel, et que Narnia soit délivré du pouvoir de la Sorcière. Il préfère s'offrir lui-même en sacrifice plutôt que d'accepter la condamnation en vertu de laquelle le sang d'Edmund appartient à la Sorcière à cause de sa trahison. Aslan est l'image du Dieu miséricordieux qui refuse la condamnation et fait l'impossible pour réconcilier les hommes avec lui.
- Il est celui qui donne sa vie pour les fils d'Adam, mais que Dieu ressuscite pour manifester sa victoire sur la mort. Une fois ressuscité, il a le pouvoir de ressusciter tout ceux qui dormaient dans le séjour des morts.
Les circonstances de la mort d'Aslan sont calquées sur la passion du Christ :
- Alors qu'il est sur le point de se livrer, il dit à Lucie et Suzanne : "Je serai ravi de faire quelques pas en votre compagnie" = cela fait penser à Getsémanie où le Christ sait ce qui va lui arriver et demande à Pierre, Jacques et Jean de veiller avec lui, afin de ne pas entrer en tentation.
- "Il est temps de partir d'ici; je dois continuer seul" = fait penser à "Levez-vous, allons ! Désormais vous pouvez dormir et vous reposer car voici tout proche celui qui me livre !" (Mt26,46)
- Aslan va librement vers la mort : il se livre lui même et ne se défend pas. (Ceci est mon corps, livré pour vous ! dira le Christ. Et encore : "Ma vie, nul ne la prend mais c'est moi qui la donne !" Ou encore : "Le bon berger donne sa vie pour ses brebis !")
- Au delà de la proximité avec les récits évangéliques de la passion, on ne peut pas ne pas évoquer également la proximité formelle avec le film de Mel Gibson : "La Passion du Christ"...
- Aslan est humilié et tondu : cela fait penser aux prophéties d'Isaïe sur le Christ, et notamment : "Comme une brebis, on l'a conduit à l'abattoir; comme un agneau muet devant le tondeur, il n'ouvre pas la bouche. A cause de son humiliation, la condamnation a été levée !" (Is53, 7-8)

- "Désespère !" dit la sorcière à Aslan : cela fait penser aux tentations du Christ à Getsémanie. Et ce cri de la sorcière qui lui donne l'illusion de la victoire : "ce n'était qu'un chat et il est mort !" On retrouve le même déchaînement blasphématoire dans la passion du Christ, dans laquelle le fils de Dieu est traité comme le dernier des esclaves…
- Les femmes au tombeau… comme dans l'évangile…
- Les femmes, premiers témoins de l'apparition du Ressuscité …
- Aslan ressuscité se rend chez la sorcière pour redonner la vie aux morts: image de la descente du Christ aux enfers…
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La grâce de la victoire :
- Aslan mort, les bons doivent se battre seuls, et ils sont perdus d'avance ("ils sont plus nombreux et mieux armés que nous!"). C'est l'image de l'humanité sous la loi ancienne…
- Aslan ressuscité, participe à la bataille aux côtés des hommes, et il entraîne avec lui tous les morts auxquels il a redonné la vie. De même, l'Eglise est appuyé dans son combat sur terre de toute l'armée céleste composée des anges et des saints…
- La résurrection d'Aslan et son arrivée dans la bataille met fin immédiatement au combat, et c'est une victoire définitive…
Les arbres : les anges, messagers de Dieu.
Ker Paravel : le ciel nouveau, et la nouvelle terre dont parle les courts chapitres 20, 21 et 22 de l'Apocalypse (dernier livre du Nouveau Testament) qu'on ne manquera pas de relire avec une saveur toute particulière …
D'autres infos sur le site du film : http://www.disney.fr/FilmsDisney/narnia/main_fr.html?cid=...
23:15 Publié dans Aumônerie de 15-20 ans, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Narnia
